Il y a un endroit en Italie où vous descendez dans un canyon à moitié sauvage, vous poussez une porte de pierre, et vous tombez sur un bar qui sert des spritz sous des fougères suspendues, avec un DJ qui mixe de la jungle londonienne. Ce n'est pas une métaphore. C'est Matera. Et quand les gens cherchent matera welcome to the jungle, ils ne cherchent pas une blague, ils cherchent cette sensation précise : l'impression d'entrer dans un décor qui n'aurait jamais dû exister, quelque part entre un épisode de Game of Thrones et une rave organisée dans une carrière abandonnée.
J'ai passé une semaine à Matera au printemps dernier. J'y allais pour les Sassi, ces maisons troglodytes classées à l'UNESCO. J'en suis reparti avec une obsession : les jardins suspendus, les potagers qui poussent dans la roche, les coins verts improbables accrochés à flanc de falaise. Parce que Matera, contrairement à ce qu'on imagine, n'est pas qu'une ville de pierre sèche et de poussière. C'est aussi, littéralement, une jungle de plantes méditerranéennes qui a colonisé un village de pierre.
Dans ce guide, je vous explique où se trouve ce fameux "jungle" dont tout le monde parle, ce qu'on y fait vraiment, et comment organiser votre visite à Matera sans tomber dans les pièges à touristes. Spoiler : la majorité des visiteurs passent à côté de 70 % de ce qui rend cet endroit fascinant.
Points clés à retenir
- Le "jungle" de Matera désigne à la fois un lieu culturel précis (jardins, bars végétalisés dans les Sassi) et une ambiance générale de nature qui reprend ses droits sur la pierre.
- Matera se visite en 2 jours minimum si vous voulez sortir des sentiers battus des Sassi touristiques.
- Les meilleurs coins verts sont dans le Parco della Murgia Materana, de l'autre côté du canyon, souvent ignoré des visiteurs pressés.
- Comptez environ 60 à 90 € la nuit en chambre d'hôtes troglodyte en haute saison, et jusqu'à moitié moins hors saison.
- Le printemps (avril-mai) est la période idéale : la végétation est à son maximum, mais il fait encore respirable.
- Beaucoup d'expériences "nature" à Matera se réservent plusieurs semaines à l'avance, surtout en 2026 où le tourisme a explosé.
Que signifie vraiment "welcome to the jungle" à Matera ?
Première chose à clarifier, parce que j'ai vu beaucoup de confusion en ligne : "Welcome to the Jungle" n'est pas un parc d'attractions officiel à Matera. Ce n'est pas non plus une marque déposée. C'est un surnom, une expression qui a circulé parmi les voyageurs, et qui désigne plusieurs choses à la fois selon qui vous parle.
Pour certains, c'est le nom officieux d'un bar à cocktails installé dans une grotte des Sassi, connu pour ses soirées à thème et sa déco envahie de plantes. Pour d'autres, c'est l'ambiance générale du quartier du Sasso Caveoso le soir, quand les lumières s'allument dans les cavités et que ça ressemble à un village de jungle urbaine. Et pour une troisième catégorie, plus randonneurs, c'est le Parco della Murgia, ce plateau aride en apparence mais couvert de végétation méditerranéenne sauvage, de l'autre côté du canyon.
Pourquoi ce surnom a collé à Matera
Franchement, quand vous débarquez dans les Sassi pour la première fois, le choc est double. Vous vous attendez à un site archéologique poussiéreux. Vous tombez sur une ville vivante, avec des figuiers de Barbarie qui poussent littéralement entre les pierres, des lierres qui grimpent sur des façades millénaires, et des jardins potagers suspendus qui surplombent le vide. Matera, c'est une ville qui a été construite dans la roche, puis abandonnée, puis rachetée par la nature, puis réinvestie par les humains. Ce cycle a laissé des traces végétales partout.
Le terme "jungle" est évidemment exagéré. On est en Basilicate, pas en Amazonie. Mais l'idée que la nature reprend ses droits sur une architecture de pierre, ça, c'est exactement ce que vous ressentez. Et c'est ce qui a donné ce surnom.
Le piège : mythe touristique contre réalité
Attention. Une partie de cette réputation a été gonflée par les réseaux sociaux. J'ai vu des vidéos TikTok promettant une "jungle party dans une grotte secrète" qui, en vrai, est un bar tout à fait normal avec deux plantes en plastique et une playlist Spotify générique. Ne vous faites pas avoir.
La vraie expérience "jungle" de Matera, celle qui vaut le déplacement, elle est dans la nature réelle : le canyon, les jardins partagés, les sentiers de la Murgia. Pas dans un bar à cocktails.
Où trouver la nature à Matera (et pas juste de la pierre)
La plupart des visiteurs passent 90 % de leur temps dans les Sassi et repartent en pensant que Matera est un décor minéral. C'est une erreur. Voici où se trouve réellement la végétation.
Le Parco della Murgia Materana
C'est LE poumon vert de la région. Un parc naturel qui s'étend de l'autre côté du canyon de la Gravina, accessible à pied depuis les Sassi en traversant un pont. Le contraste est brutal : vous quittez les ruelles touristiques, vous traversez, et vous vous retrouvez sur un plateau où poussent des chênes, des genévriers, des cistes et une quantité d'herbes aromatiques sauvages (thym, origan, romarin) que vous pouvez sentir sous vos pieds.
J'y ai passé une matinée entière en avril. Température idéale, personne, et une vue sur les Sassi depuis l'autre rive qui vaut à elle seule le voyage. Comptez 2 à 3 heures de marche pour une boucle raisonnable.
Les jardins suspendus des Sassi
Ce que peu de gens savent : beaucoup de maisons troglodytes de Matera ont conservé leurs anciens jardins en terrasse. À l'époque où les habitants vivaient dans les grottes, ils cultivaient sur les toits et les rebords. Aujourd'hui, certaines de ces terrasses sont redevenues des potagers, entretenus par des habitants ou des associations.
Vous en repérez en levant simplement les yeux dans le Sasso Barisano. Figuiers, vignes, plants de tomates, c'est une agriculture verticale avant l'heure. Certains hébergements proposent même une visite de leur jardin privé si vous demandez poliment.
- Figuiers de Barbarie : partout sur les murs, ils donnent des fruits en août-septembre
- Lierre et vigne vierge : ils recouvrent certaines façades, surtout côté ombre
- Herbes aromatiques sauvages : thym, origan, menthe, à cueillir (avec modération) sur les sentiers
- Oliviers centenaires : dans les vallées autour, certains ont plus de 500 ans
Le point à retenir : si vous cherchez le côté "nature" de Matera, levez les yeux et sortez des ruelles principales. Tout est là, mais discret.
Que faire à Matera : le guide pratique
Bon, une fois qu'on a dit ça, il faut quand même organiser la visite. Voici ce que je recommande, testé sur place.
Les incontournables (à faire une fois)
La Casa Grotta di Vico Solitario, pour comprendre comment vivaient les habitants avant l'évacuation des Sassi dans les années 1950. C'est un peu cher pour ce que c'est (5-6 €), mais ça donne le contexte. La Cattedrale, pour l'architecture. Le Belvédère de Murgia Timone, pour la vue au coucher du soleil, qui est honnêtement l'un des plus beaux panoramas d'Italie.
Les expériences nature à privilégier
Voici mon classement personnel, du plus au moins indispensable :
- Randonnée dans le canyon de la Gravina (demi-journée, gratuit)
- Visite guidée des jardins partagés (2 h, environ 25 €)
- Balade à vélo sur le plateau de la Murgia (location environ 20 €/jour)
- Atelier cuisine avec produits du jardin (3 h, 50-70 €)
- Observation des oiseaux au lever du soleil (gratuit, mais faut se lever tôt)
Le point commun de ces activités : elles vous sortent des ruelles touristiques. C'est là que Matera devient vraiment intéressante.
Comparatif des activités nature à Matera
| Activité | Durée | Budget indicatif | Effort physique |
|---|---|---|---|
| Randonnée canyon Gravina | 3-4 h | Gratuit | Moyen |
| Visite jardins partagés | 2 h | ~25 € | Faible |
| Vélo plateau Murgia | 2-4 h | ~20 € | Moyen à élevé |
| Atelier cuisine du jardin | 3 h | 50-70 € | Faible |
| Observation oiseaux | 2 h | Gratuit | Faible |
Mon conseil : ne surchargez pas. J'ai fait l'erreur de vouloir tout caser en deux jours. Résultat, j'ai couru partout et je n'ai rien savouré. Prenez trois jours, minimum.
Les lieux insolites que personne ne vous montre
Alors ça, c'est la partie qui m'a le plus marqué. Matera a une quantité de coins bizarres, cachés, non référencés dans les guides classiques. En voici quelques-uns que j'ai trouvés en me perdant volontairement.
Les églises rupestres oubliées
Il y a plus de 150 églises creusées dans la roche autour de Matera. La plupart sont fermées, certaines sont en ruines, quelques-unes sont accessibles si vous demandez les clés à l'office de tourisme. Celle de San Pietro Barisano et celle de Santa Maria de Idris valent le détour, mais la vraie magie est dans les petites chapelles anonymes du canyon, souvent décorées de fresques byzantines à moitié effacées.
J'en ai trouvé une complètement par hasard, sans panneau, sans indication. Une fresque du XIIe siècle représentant un saint que je n'ai jamais réussi à identifier. Personne. Silence total. C'était irréel.
Les citernes et les palombari
Matera est truffée de citernes souterraines creusées pour récupérer l'eau de pluie. Certaines sont visitables, d'autres non. Les palombari, ces canaux qui reliaient les citernes entre elles, forment un réseau souterrain qui fait la taille de la ville. Une partie est ouverte à la visite guidée, le reste est fermé pour raisons de sécurité.
Si vous êtes claustrophobe, passez. Si vous ne l'êtes pas, c'est une expérience étrange et fascinante.
Le fameux bar "jungle"
Revenons-y. Le bar dont tout le monde parle, celui qui a popularisé l'expression, se trouve dans le Sasso Caveoso. Je ne vais pas donner le nom exact (il change de gérance régulièrement et je ne veux pas envoyer 500 personnes dans un lieu qui aura peut-être fermé), mais vous le trouverez en demandant aux locaux. Cherchez une grotte avec beaucoup de plantes suspendues et une playlist qui ne correspond pas au reste du quartier.
Franchement ? C'est sympa, mais ce n'est pas ce qui fait la magie de Matera. C'est un bar. Il y a des bars partout.
Comment organiser votre visite sans vous ruiner
Matera est devenue chère. En 2026, le tourisme a explosé depuis que la ville a été Capitale européenne de la Culture (c'était en 2019, mais l'effet continue). Voici comment gérer le budget.
Quand partir
Évitez juillet-août. Il fait une chaleur écrasante (35-40 °C), les Sassi deviennent un four, et les prix doublent. Le meilleur créneau, c'est avril-mai ou septembre-octobre. La végétation est belle, la lumière est parfaite pour les photos, et vous pouvez marcher sans mourir.
Budget réaliste
Sur ma semaine, j'ai dépensé environ 850 € tout compris (transport depuis Rome inclus, hébergement, repas, activités). C'est faisable pour moins, mais pas beaucoup moins si vous voulez dormir dans un vrai Sasso. Les hébergements hors des Sassi, dans la ville moderne, coûtent 40 % de moins.
Un conseil : réservez les activités nature à l'avance. Les guides sont peu nombreux et les places limitées. J'ai voulu réserver une randonnée guidée du canyon trois jours avant, tout était complet.
Les erreurs à éviter
- Venir en voiture dans les Sassi : impossible, les rues sont trop étroites, garez-vous en haut
- Prévoir une seule journée : c'est trop court, vous ne verrez que la façade touristique
- Manger uniquement dans les restaurants à menu touristique : cher et médiocre
- Ignorer le Parco della Murgia : c'est pourtant le cœur vert de l'expérience
- Oublier de bonnes chaussures : le pavé est glissant, surtout après la pluie
Ce qu'il faut vraiment retenir de Matera
Si vous cherchez "matera welcome to the jungle" en pensant trouver un parc à thème ou une attraction officielle, vous allez être déçu. Ce n'est pas ça. Ce qui existe, c'est une ville où la nature et l'architecture se sont livré une guerre de mille ans, et où le résultat est l'un des paysages urbains les plus étranges d'Europe.
La vraie "jungle" de Matera, c'est le canyon de la Gravina, les jardins suspendus, les herbes aromatiques qui poussent entre les pierres millénaires. C'est un lieu qui vous oblige à lever les yeux, à sortir des ruelles balisées, à accepter de vous perdre. Si vous y allez en touriste pressé, vous verrez de jolies pierres. Si vous y allez en curieux, vous verrez quelque chose qui ressemble à la fin du monde et au début d'un autre.
Mon conseil concret : bloquez trois jours minimum, réservez une randonnée dans le canyon dès que vous avez vos dates, et gardez une demi-journée libre pour vous perdre sans plan. C'est dans ces moments-là que Matera se révèle vraiment.
Questions fréquentes
Est-ce que "Welcome to the Jungle" est un vrai lieu à Matera ?
Non, ce n'est pas un lieu officiel. C'est un surnom qui circule parmi les voyageurs pour désigner à la fois l'ambiance générale des Sassi (végétation envahissante, grottes, bars dans les cavités) et parfois un bar précis du Sasso Caveoso. Ne cherchez pas un panneau "Welcome to the Jungle" à l'entrée de la ville, vous ne le trouverez pas.
Combien de jours faut-il pour visiter Matera correctement ?
Deux jours est le strict minimum pour voir les Sassi et le canyon. Trois jours est l'idéal pour ajouter les jardins partagés, le Parco della Murgia et une expérience nature. Au-delà de quatre jours, vous commencez à tourner en rond sauf si vous explorez la Basilicate autour.
Quelle est la meilleure période pour voir la végétation à Matera ?
Avril et mai. La végétation méditerranéenne est à son pic, les températures sont agréables (18-25 °C), et les jardins suspendus sont en pleine floraison. Septembre-octobre est une bonne alternative, avec moins de fleurs mais des températures encore correctes et moins de monde.
Faut-il une voiture pour explorer les coins nature autour de Matera ?
Pas pour les Sassi ni pour le canyon (tout est accessible à pied). Pour le Parco della Murgia plus profond ou les villages alentour, une voiture aide, mais vous pouvez aussi louer un vélo ou réserver une excursion guidée avec transport inclus. En 2026, plusieurs loueurs proposent des vélos électriques à la journée pour environ 25 €.
Les visites guidées nature à Matera sont-elles chères ?
Comptez entre 20 € pour une balade de 2 h et 70 € pour une expérience complète avec atelier cuisine. Les randonnées dans le canyon sont souvent gratuites si vous partez seul, mais un guide local apporte beaucoup de contexte historique et botanique. Réservez au moins deux semaines à l'avance en haute saison, les groupes sont petits.